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LA CHASSE AU MÉTÉORE

— Tout d’abord, reprit le banquier, je me suis applaudi de t’avoir fait confiance. Les troubles remarqués dans la marche du bolide, sa chute annoncée comme certaine ont provoqué une première baisse de vingt-cinq pour cent sur les mines. Tout à fait emballé, persuadé que la baisse s’accentuerait énormément j’ai augmenté ma position dans des proportions considérables.

— C’est-à-dire ?…

— C’est-à-dire que j’ai vendu une quantité de mines d’or beaucoup plus grande.

— Toujours sans les avoir ?…

— Bien entendu… Tu dois donc t’imaginer mes angoisses en constatant ce qui se passe : toi disparu, le bolide arrêté dans sa chute et battant la campagne aux quatre coins du ciel. Résultat : les mines ont remonté, et je perds des sommes énormes… Que veux-tu que je pense de tout ça ? »

Zéphyrin Xirdal considérait son parrain avec curiosité. Jamais il n’avait vu cet homme froid secoué par une telle émotion.

« Je n’ai pas très bien saisi votre combinaison, dit-il enfin. C’est trop fort pour moi, ces histoires-là. J’ai cru comprendre, cependant, qu’il vous serait agréable de voir le bolide tomber. Eh bien ! soyez tranquille, il tombera.

— Tu me l’affirmes ?

— Je vous l’affirme.

— Formellement ?

— Formellement… Mais, vous, de votre côté, avez-vous acheté mon terrain ?

— Sans doute, répondit M. Lecœur. Nous sommes en règle. J’ai en poche les titres de propriété.

— Alors, tout va bien, approuva Zéphyrin Xirdal. Je peux même vous annoncer que mon expérience sera terminée le 5 juillet prochain. Ce jour-là, je quitterai Paris, et j’irai à la rencontre du bolide.

— Qui tombera ?

— Qui tombera.

— Je partirai avec toi ! s’écria M. Lecœur enthousiasmé.

— Si ça vous chante !… » dit Zéphyrin Xirdal.

Fut-ce le sentiment de sa responsabilité à l’égard de M. Robert Lecœur, fut-ce seulement l’intérêt scientifique qui l’avait repris tout entier, toujours est-il qu’une influence favorable l’em-