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LA CHASSE AU MÉTÉORE

Par lui, l’univers avait été informé sans tarder de ce retour à la normale, et, depuis ce jour-là, ses notes quotidiennes avaient toujours enregistré une perturbation lente du météore, dont l’orbite avait recommencé à s’incliner vers le Nord-Est-Sud-Ouest, et dont la distance à la terre diminuait suivant une progression, dont J. B. K. Lowenthal n’était pas, toutefois, parvenu à déterminer la loi. La probabilité de chute devenait donc de plus en plus grande. Si ce n’était pas une certitude, elle y confinait un peu plus tous les jours.

Quel puissant motif pour la Conférence Internationale de hâter l’achèvement de ses travaux !

Le savant directeur de l’observatoire de Boston, dans ses dernières notes échelonnées du 5 au 14 juillet, se montrait encore plus audacieux dans ses pronostics. Il annonçait en même temps, à mots chaque jour moins couverts, qu’une modification nouvelle et très importante était survenue dans la marche du bolide, et que, selon toute vraisemblance, le public pourrait être bientôt renseigné sur les conséquences qu’il convenait d’en déduire.

C’est précisément à cette date du 14 juillet que la Conférence Internationale arriva au fond d’une impasse. Toutes les combinaisons discutées ayant été successivement repoussées, la matière manquait maintenant à la discussion. Les délégués se regardèrent avec embarras. Par quel bout reprendre une question déjà attaquée sous toutes ses faces sans résultat ?

Repoussée dès les premières séances, la répartition des milliards météoriques entre tous les États proportionnellement à leur surface territoriale. Et pourtant, cette combinaison respectait l’équité qu’on proclamait rechercher, les nations à grande superficie ayant plus de besoins et faisant, d’autre part, en consentant au partage, le sacrifice de leurs chances plus nombreuses, ce qui méritait compensation. Cela n’avait pas empêché cette méthode d’être finalement rejetée devant l’opposition invincible des pays à population dense.

Ceux-ci proposèrent aussitôt d’effectuer la répartition, non pas en raison du nombre de kilomètres carrés, mais en raison du nombre des habitants. Ce système, qui avait aussi quelque chose d’équitable, puisqu’il était conforme au grand principe de l’égalité des droits entre les humains, fut combattu par la Russie, le Brésil, la République Argentine et par plusieurs autres contrées