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LA CHASSE AU MÉTÉORE

pouvait maintenant apercevoir à l’œil nu lorsque le ciel se dégageait.

Les sémaphores restèrent muets et celui d’Halifax ne fut pas plus loquace, lorsque le steamer se trouva par le travers de ce grand port de la Nouvelle-Écosse.

Combien les voyageurs durent regretter que la baie de Fundy, entre la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswich, n’offrît pas d’issue vers l’Est ni vers le Nord ! Ils n’auraient pas eu à supporter la houle violente qui les assaillit jusqu’à l’île du Cap Breton. Innombrables étaient les malades, parmi lesquels, malgré les soins de Jenny et de Francis, Mr Forsyth et Mr Hudelson continuaient à se faire remarquer.

Le commandant du Mozik eut pitié de ses passagers si mal en point. Il s’engagea dans le golfe du Saint-Laurent, pour regagner la haute mer par le détroit de Belle-Île, à l’abri du littoral de Terre-Neuve. Il alla ensuite chercher la côte occidentale du Groenland, en traversant le détroit de Davis dans toute sa largeur. On eut dès lors une navigation plus calme.

Le cap Confort fut signalé dans la matinée du 7 août. La terre groenlandaise se termine un peu plus dans l’Est, au cap Farewel, contre lequel viennent se briser les lames de l’océan Atlantique septentrional. Et avec quelle furie, ils ne le savent que trop les courageux pêcheurs du banc de Terre-Neuve et de l’Islande !

Par bonheur, il n’était point question de remonter le long de la côte est du Groënland. Cette côte est à peu près inabordable. Elle n’offre aucun port de relâche aux bâtiments et les houles de la haute mer la battent de plein fouet. Au contraire, dans le détroit de Davis, les abris ne manquent pas. Soit au fond des fjords, soit derrière les îles, on peut aisément trouver un refuge, et, sauf lorsque les vents du Sud donnent directement, la navigation s’effectue dans des conditions favorables.

La traversée se continua, en effet, sans que les passagers eussent trop à se plaindre.

Cette partie de la côte groenlandaises, depuis le cap Farewel jusqu’à l’île Disko, est généralement bordée par des falaises de roches primitives, d’une altitude considérable, qui arrêtent les vents du large. Même pendant la période hivernale, ce littoral est moins obstrué par les glaces que les courants du pôle amènent de l’océan Boréal.