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LA CHASSE AU MÉTÉORE

courant électrique, de quelque nature qu’il soit, comme le son, comme la chaleur, comme la lumière même, qu’un transport d’atomes matériels au dernier degré de simplification. Vous aurez une idée de la petitesse de ces atomes, quand je vous aurai dit qu’en ce moment ils frappent la surface du bloc d’or dans lequel ils s’incrustent au nombre de sept cent cinquante millions par seconde. C’est donc un véritable bombardement, où la légèreté des projectiles est compensée par l’infinité du nombre et de la vitesse. En joignant cette poussée à l’attraction exercée sur l’autre face, on peut obtenir un résultat satisfaisant.

— Le bolide ne bouge pas, cependant, objecta M. Lecœur.

— Il bougera, affirma tranquillement Zéphyrin Xirdal. Un peu de patience. Au surplus, voici qui hâtera les choses. De ce troisième réflecteur, j’expédie d’autres obus atomiques dirigés, ceux-là, non sur le bolide lui-même, mais sur le terrain qui le supporte du côté de la mer. Vous allez voir ce terrain se désagréger peu à peu, et, la pesanteur aidant, le bolide commencer à glisser sur la pente. »

Zéphyrin Xirdal enfonça de nouveau son bras dans sa machine. La troisième ampoule crépita à son tour.

« Regardez bien, mon oncle, dit-il. Je crois que nous allons rire. »