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LA CHASSE AU MÉTÉORE

News ajoutait les siens. Il évoquait le souvenir de ce globe de feu, d’un diamètre double de celui de la lune dans son plein, qui, en 1254, fut aperçu successivement à Hurworth, à Darlington, à Durham, à Dundee, et passa sans éclater d’un horizon à l’autre, en laissant derrière lui une longue traînée lumineuse, couleur d’or, large, compacte et tranchant vivement sur le bleu foncé du ciel. Il rappelait ensuite que, si le bolide de Hurworth n’a pas éclaté, il n’en a pas été ainsi de celui qui, le 14 mai 1864, s’est montré à un observateur de Castillon, en France. Bien que ce météore n’ait été visible que pendant cinq secondes, sa vitesse était telle que, dans ce court espace de temps, il a décrit un arc de six degrés. Sa teinte, d’abord bleu verdâtre, devint ensuite blanche et d’un extraordinaire éclat. Entre l’explosion et la perception du bruit, il s’écoula de trois à quatre minutes, ce qui implique un éloignement de soixante à quatre-vingts kilomètres. Il faut donc que la violence de l’éclatement ait été supérieure à celle des plus fortes explosions qui peuvent se produire à la surface du globe. Quant à la dimension de ce bolide, calculée d’après sa hauteur, on n’estimait pas son diamètre à moins de quinze cents pieds, et il devait parcourir plus de cent trente kilomètres à la seconde, vitesse infiniment supérieure à celle dont la terre est animée dans son mouvement de translation autour du soleil.

Puis ce fut le tour du Whaston Morning, puis le tour du Whaston Evening, ce dernier journal traitant plus spécialement la question des bolides, fort nombreux, d’ailleurs, presque entièrement composés de fer. Il rappela à ses lecteurs qu’une de ces masses météoriques, trouvée dans les plaines de la Sibérie, ne pesait pas moins de sept cents kilogrammes ; qu’une autre, découverte au Brésil, pesait jusqu’à six mille kilogrammes ; qu’une troisième, lourde de quatorze mille kilogrammes, avait été trouvée à Olympe, dans le Tucuman ; qu’une dernière enfin, tombée aux environs de Duranzo, au Mexique, atteignait le poids énorme de dix-neuf mille kilogrammes !

En vérité, ce n’est pas trop s’avancer que d’affirmer qu’une partie de la population whastonienne ne laissa pas d’éprouver un certain effroi à la lecture de ces articles. Pour avoir été aperçu dans les conditions que l’on sait, à une distance qui devait être considérable, il fallait que le météore de MM. Forsyth et Hudelson eût des dimensions probablement très supérieures à