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LA CHASSE AU MÉTÉORE

ce météore, il circulait autour de la terre comme un second satellite. Il méritait donc que l’on s’occupât de lui, et c’est pourquoi il convient d’excuser l’âpreté que mettaient Mr Dean Forsyth et le docteur Hudelson à se le disputer.

Le météore obéissant à des lois constantes, rien ne s’opposait à ce que l’on calculât ses éléments. On s’y employait un peu partout, mais nulle part, cela va sans dire, avec la même activité qu’à Whaston. Toutefois, pour que le problème fût intégralement résolu, plusieurs bonnes observations seraient encore nécessaires.

Le premier point qui fut déterminé, quarante-huit heures plus tard, par des mathématiciens qui ne s’appelaient ni Dean Forsyth, ni Hudelson, ce fut la trajectoire du bolide.

Cette trajectoire se développait rigoureusement du Nord au Sud. La faible déviation de 3° 31’ signalée par Mr Dean Forsyth dans sa lettre à l’observatoire de Pittsburg n’était qu’apparente et résultait de la rotation du globe terrestre.

Quatre cents kilomètres séparaient le bolide de la surface de la terre, et sa prodigieuse vitesse n’était pas inférieure à six mille neuf cent soixante-sept mètres par seconde. Il accomplissait donc sa révolution autour du globe en une heure quarante et une minutes quarante et une secondes quatre-vingt-treize centièmes, d’où l’on pouvait conclure, d’après les gens de l’art, qu’il ne repasserait plus au zénith de Whaston avant qu’il se fût écoulé cent quatre ans, cent soixante-seize jours et vingt-deux heures.

Heureuse constatation de nature à rassurer les habitants de la ville qui redoutaient si fort la chute du malencontreux astéroïde ! S’il tombait, ce ne serait toujours pas sur eux.

« Mais quelle apparence qu’il tombe ? demandait le Whaston Morning. Il n’y a pas lieu d’admettre la rencontre d’un obstacle sur sa route, ni qu’il puisse être arrêté dans son mouvement de translation. »

C’était l’évidence même.

« Assurément, fit observer le Whaston Evening, il y a de ces aérolithes qui sont tombés, qui tombent encore. Mais ceux-là, le plus généralement de petites dimensions, divaguent dans l’espace, et ne tombent que si l’attraction terrestre les saisit au passage. »

Cette explication était juste et il ne semblait pas qu’elle pût