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LA CHASSE AU MÉTÉORE

s’appliquer au bolide en question, d’une marche si régulière, et dont la chute ne devait pas être plus à craindre que celle de la lune.

Ceci bien établi, il restait encore plusieurs points à élucider, avant que l’on pût se prétendre complètement renseigné sur le compte de cet astéroïde, devenu en somme un second satellite de la terre.

Quel était son volume ? Quelle était sa masse, sa nature ?

À la première question, le Whaston Standard répondit en ces termes :

« D’après la hauteur et la dimension apparente du bolide, son diamètre doit être supérieur à cinq cents mètres, tel est du moins ce que les observations ont permis d’établir jusqu’ici. Mais il n’a pas encore été possible de déterminer sa nature. Ce qui le rend visible, à la condition, bien entendu, que l’on dispose d’instruments assez puissants, c’est qu’il brille d’un très vif éclat, dû vraisemblablement au frottement de l’atmosphère, bien que la densité de l’air soit très faible à une telle altitude. Maintenant, ce météore n’est-il qu’un amas de matières gazeuses ? Ne se compose-t-il pas au contraire d’un noyau solide entouré d’une chevelure lumineuse ? Quelles sont, dans ce cas, la grosseur et la nature de ce noyau ? C’est ce qu’on ne sait pas, ce qu’on ne saura peut-être jamais.

« En résumé, ni comme volume, ni comme vitesse de translation, ce bolide n’a rien de bien extraordinaire. Sa seule particularité est qu’il décrit une orbite fermée. Depuis combien de temps évolue-t-il ainsi autour de notre globe ? Les astronomes patentés seraient incapables de nous le dire, puisqu’ils ne l’auraient jamais tenu au bout de leurs télescopes officiels sans nos deux compatriotes, Mr Dean Forsyth et le docteur Sydney Hudelson, à qui était réservée la gloire de cette magnifique découverte. »

En tout cela, ainsi que le faisait judicieusement remarquer le Whaston Standard, il n’y avait rien d’extraordinaire, si ce n’est l’éloquence de son rédacteur. Aussi le monde savant ne s’occupa-t-il que dans la mesure habituelle de ce qui passionnait si fort cet estimable journal, et le monde ignorant n’y prit-il qu’un faible intérêt.

Seuls, les habitants de Whaston s’attachèrent à connaître tout