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la maison à vapeur.

Soudain, j’entendis la porte du kraal qui se refermait avec fracas. Puis, Kâlagani nous appela à grands cris. À sa voix se joignait celle de Fox, répétant :

« Mon capitaine ! mon capitaine !

— Par ici ! » répondit Hod.

Il fut entendu, et, presque aussitôt, je sentis que la cage se relevait. Un instant après, nous étions libres.

« Fox ! Storr ! s’écria le capitaine, dont la première pensée fut pour ses compagnons.

– Présents ! » répondirent le mécanicien et le brosseur.

Ils n’étaient pas même blessés. Mathias Van Guitt et Kâlagani se trouvaient également sains et saufs. Deux tigres et une panthère gisaient sans vie sur le sol. Les autres avaient quitté le kraal, dont Kâlagani venait de refermer la porte. Nous étions tous en sûreté.

Aucun des fauves de la ménagerie n’était parvenu à s’échapper pendant la lutte, et, même, le fournisseur comptait un prisonnier de plus. C’était un jeune tigre, emprisonné dans la petite cage roulante, qui s’était renversée sur lui, et sous laquelle il avait été pris comme dans un piège.

Le stock de Mathias Van Guitt était donc au complet ; mais que cela lui coûtait cher ! Cinq de ses buffles étaient égorgés, les autres avaient pris la fuite, et trois des Indous, horriblement mutilés, nageaient dans leur sang sur le sol du kraal !


CHAPITRE VI

le dernier adieu de mathias van guitt


Pendant le reste de la nuit, aucun incident ne se produisit, ni en dedans, ni en dehors de l’enceinte. La porte avait été solidement assujettie, cette fois. Comment avait-elle pu s’ouvrir au moment où la bande des fauves contournait la palissade ? Cela ne laissait pas d’être inexplicable, puisque Kâlagani