Page:Verne - Le Village aérien, Hetzel, 1918.djvu/47

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groupe d’indigènes ?… Allaient-ils être attaqués ?… Ce qui était certain, c’est qu’un brusque changement venait de se manifester dans la disposition des feux sur le bord de la forêt.

Un moment ces feux disparurent derrière le rideau des premiers arbres, confondus dans une obscurité profonde.

« Attention !… dit Max Huber.

— En arrière !… » répondit Khamis.

Convenait-il de rétrograder dans la crainte d’une agression immédiate ?… Peut-être. En tout cas, mieux valait ne pas battre en retraite sans être prêt à répondre coup pour coup. Les carabines armées remontèrent à l’épaule, tandis que les regards ne cessaient de fouiller les sombres massifs de la lisière.

Soudain, de cette ombre, les clartés ne tardèrent pas à jaillir de nouveau au nombre d’une vingtaine.

« Parbleu ! s’écria Max Huber, cette fois-ci, si ce n’est pas de l’extraordinaire, c’est tout au moins de l’étrange ! »

Ce mot semblera justifié pour cette raison que les torches, après avoir brillé naguère au niveau de la plaine, jetaient alors de plus vifs éclats entre cinquante et cent pieds au-dessus du sol.

Quant aux êtres quelconques qui agitaient ces torches, tantôt sur les basses branches,