Page:Verne - Les Frères Kip (partie 1).djvu/22

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— Oui… Kate Verdax… une veuve…

— Eh ! l’ami, riposta Vin Mod en lui frappant sur l’épaule, si jamais tu te maries, ce ne sera pas avec Kate Verdax, mais avec Kate Gibbet… la veuve potence !… »

Len Cannon se mit à rire et vida son verre d’une seule lampée. Toutefois, malgré les instances de maître Balt, il maintint son refus, se leva et rejoignit un groupe bruyant où s’échangeaient de violentes provocations.

« À un autre ! » dit Vin Mod, qu’un premier échec n’était pas pour décourager.

Cette fois, laissant maître Balt, il alla s’attabler près d’un matelot, assis dans un coin de la salle. Pas meilleure figure que Cannon, celui-là, et d’aspect moins communicatif, n’aimant à causer sans doute qu’avec sa bouteille, – interminable conversation qui paraissait lui suffire.

Vin Mod entra tout de suite en matière :

« Est-ce qu’on peut savoir ton nom ?

— Mon nom ?… répondit le matelot après une certaine hésitation.

— Oui…

— Et quel est le tien ?…

— Vin Mod.

— Et c’est ?…

— Celui d’un marin du brick ’’James-Cook’’ en relâche à Dunedin…