Page:Verne - Les Frères Kip (partie 1).djvu/49

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dessine un peu obliquement du sud-ouest au sud-est. Au contraire, c’est sous la forme d’un triangle irrégulier, terminé par une étroite langue de terre projetée jusqu’à la pointe du Cap Nord, que se présente Ika-na-Maoui, l’île septentrionale.

La côte que suivait le brick est fort déchiquetée, relevée de rochers énormes à silhouettes bizarres, qui ressemblent de loin à quelques gigantesques mastodontes échoués sur les grèves. Çà et là une succession d’arcades figure le pourtour d’un cloître, où la houle, même par beau temps, se précipite furieusement avec un bruit formidable. Un navire qui se mettrait au plein sur le littoral serait irrémédiablement perdu, et trois ou quatre coups de mer suffiraient à le démolir. Heureusement, s’il est poussé par la tempête, soit qu’il vienne de l’est, soit qu’il vienne de l’ouest, il a chance de pouvoir doubler les extrêmes promontoires de la Nouvelle-Zélande. D’ailleurs, il existe deux détroits où il est possible de trouver abri si l’on manque l’entrée des ports : celui de Cook, qui sépare les deux îles, et celui de Foveaux, ouvert entre Tavaï-Pounamou et l’île de Stewart, à son extrémité méridionale. Mais il faut se garder des dangereux récifs des Snares, où se heurtent les flots de l’océan Indien et ceux