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les frères kip.

de l’océan Pacifique, parages trop féconds en sinistres maritimes.

En arrière de la côte se déroule un puissant système orographique, creusé de cratères, sillonné de chutes qui alimentent des rivières considérables malgré leur étendue restreinte. Sur le versant des montagnes montent des étages de forêts dont les arbres sont parfois démesurés, pins hauts de cent pieds et d’un diamètre de vingt, cèdres à feuilles d’olivier, le « koudy » résineux, le « kaïkatea » à feuilles résistantes et à baies rouges, dont les troncs sont dépourvus de branches entre le pied et la cime.

Si Ika-na-Maoui peut s’enorgueillir de la richesse de son sol, de la puissance de sa fertilité, de cette végétation qui rivalise en certaines parties avec les plus brillantes productions de la flore tropicale, Tavaï-Pounamou est tenue à moins de reconnaissance envers la nature. C’est tout au plus la dixième partie du territoire qui est susceptible d’être livré à la culture. Mais, dans les endroits privilégiés, les indigènes peuvent encore récolter un peu de blé d’Inde, différentes plantes herbacées, des pommes de terre en abondance, puis à profusion cette racine de fougère, le « pteris esculenta », dont ils font leur principale nourriture.