Page:Verne - Les grands navigateurs du XVIIIe siècle, 1879.djvu/160

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
150
LES GRANDS NAVIGATEURS DU XVIIIe SIÈCLE.

« Je reçus à Plymouth, dit Cook, mes instructions datées du 25 juin. On m’enjoignit de me rendre avec promptitude à l’île Madère ; d’y embarquer du vin et de marcher au delà du cap de Bonne-Espérance, où je devais rafraîchir les équipages et me fournir des provisions et des autres choses dont j’aurais besoin ; de m’avancer au sud, et de tâcher de retrouver le cap de la Circoncision, qu’on dit avoir été découvert par M. Bouvet dans le 54e parallèle sud et à environ 11° 20’ de longitude est du méridien de Greenwich ; si je rencontrais ce cap, de m’assurer s’il fait partie du continent ou si c’est une île ; dans le premier cas, de ne rien négliger pour en parcourir la plus grande étendue possible ; d’y faire les remarques et observations de toute espèce qui seraient de quelque utilité à la navigation et au commerce et qui tendraient au progrès des sciences naturelles.

« On me recommandait aussi d’observer le génie, le tempérament, le caractère et le nombre des habitants, s’il y en avait, et d’employer tous les moyens honnêtes afin de former avec eux une liaison d’alliance et d’amitié.

« Mes instructions portaient ensuite de tenter des découvertes à l’est ou à l’ouest, suivant la situation où je me trouverais, et de m’approcher du pôle austral le plus qu’il me serait possible et aussi longtemps que l’état des vaisseaux, la santé de l’équipage et les provisions le permettraient ; d’avoir soin de toujours réserver assez de provisions pour atteindre quelque port connu, où j’en chargerais de nouvelles pour le retour en Angleterre.

« Elles me prescrivaient en outre, si le cap de la Circoncision est une île, ou si je ne venais pas à bout de le retrouver, d’en faire, dans le premier cas, le relèvement nécessaire, et, dans tous les deux, de cingler au sud tant qu’il me resterait l’espoir de rencontrer le continent ; de marcher ensuite à l’est afin de rechercher ce continent et de découvrir les îles qui pourraient être situées dans cette partie de l’hémisphère austral ; de tenir toujours des latitudes élevées et de poursuivre mes découvertes, comme on l’a dit ci-dessus, au plus près du pôle, jusqu’à ce que j’eusse fait le tour du globe ; de me rendre enfin au cap de Bonne-Espérance et de là à Spithead. »

Le 13 juillet, Cook appareilla du canal de Plymouth et arriva, le 29 du même mois, à Funchal, dans l’île de Madère. Là, il prit quelques rafraîchissements et continua sa route vers le sud. Mais, bientôt, convaincu que l’approvisionnement d’eau ne pourrait suffire pour atteindre le cap de Bonne-Espérance, il résolut de couper sa traversée en s’arrêtant aux îles du Cap-Vert, et mouilla, le 10 août, dans le port de Praya, qu’il quitta quatre jours plus tard.

Cook avait profité de sa relâche dans ce port pour réunir, comme il avait l’ha-