Page:Verne - Mathias Sandorf, Hetzel, 1885, tome 1.djvu/21

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le pigeon voyageur.

Renaissance, cubes vitrifiés, où se voient encore des traces de cendres, le tout pêle-mêle dans l’herbe.

La porte de l’enclos était ouverte. Sarcany n’eut que la peine de la pousser. Il entra, suivi de Zirone, qui se contenta de faire cette réflexion mélancolique :

« Si nous avions l’intention d’en finir avec la vie, l’endroit serait favorable !

— Et si on te le proposait ?… répondit ironiquement Sarcany.

— Eh ! je refuserais, mon camarade ! Qu’on me donne seulement un jour heureux sur dix, je n’en demande pas plus !

— On te le donnera, — et mieux !

— Que tous les saints de l’Italie t’entendent, et Dieu sait qu’on les compte par centaines !

— Viens toujours », répondit Sarcany. Tous deux suivirent une allée demi-circulaire, entre une double rangée d’urnes, et vinrent s’asseoir sur une grande rosace romane, étendue au ras du sol. D’abord, ils restèrent silencieux, — ce qui pouvait convenir à Sarcany, mais ne convenait guère à son compagnon. Aussi Zirone de dire bientôt, après un ou deux bâillements mal étouffés :