Page:Verne - Mathias Sandorf, Hetzel, 1885, tome 1.djvu/23

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le pigeon voyageur.

les sourcils se contractèrent violemment. Pour la dernière fois, je te répète qu’il n’y a plus rien à espérer de Silas Toronthal.

— En es-tu sûr ?

— Oui ! tout le crédit que je pouvais avoir chez lui est maintenant épuisé, et, à mes dernières demandes, il a répondu par un refus définitif.

— Ça, c’est mal !

— Très mal, mais cela est !

— Bon, si ton crédit est épuisé, reprit Zirone, c’est que tu as eu du crédit ! Et sur quoi reposait-il ? Sur ce que tu avais mis plusieurs fois ton intelligence et ton zèle au service de sa maison de banque pour certaines affaires… délicates ! Aussi, pendant les premiers mois de notre séjour à Trieste, Toronthal ne s’est-il pas montré trop récalcitrant sur la question de finance ! Mais il est impossible que tu ne le tiennes pas encore par quelque côté, et en le menaçant…

— Si cela était à faire, ce serait déjà fait, répondit Sarcany, qui haussa les épaules, et tu n’en serais pas à courir après un dîner ! Non, par Dieu ! je ne le tiens pas, ce Toronthal, mais cela peut venir, et ce jour-là, il me payera capital, intérêts et intérêts des intérêts de ce qu’il me refuse aujourd’hui ! J’imagine, d’ailleurs, que les affaires de sa