Page:Verne - Mathias Sandorf, Hetzel, 1885, tome 1.djvu/34

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

26
mathias sandorf.

« Je le vois !… je le vois toujours ! s’écriait Zirone, dont la vue était extrêmement perçante.

— Ce qu’il faut surtout voir, répondait Sarcany, c’est l’endroit où il va s’arrêter et en déterminer la situation exacte ! »

Quelques minutes après son départ, le pigeon s’abattait sur une maison, dont le pignon aigu dominait les autres, au milieu d’un massif d’arbres, en cette portion de la ville, située du côté de l’hôpital et du jardin public. Là, il disparut à travers une lucarne de mansarde, très visible alors, et que surmontait une girouette de fer ajourée, laquelle eût été certainement de la main de Quentin Metsys, si Trieste se fût trouvée en pays flamand.

L’orientation générale étant fixée, il ne devait pas être très difficile, en se repérant sur cette girouette aisément reconnaissable, de retrouver le pignon au faîte duquel s’ouvrait ladite lucarne, et, en fin de compte, la maison habitée par le destinataire du billet.

Sarcany et Zirone redescendirent aussitôt, et, après avoir dévalé les pentes du Karst, ils suivirent une série de petites rues qui aboutissent à la Piazza della Legna. Là, ils durent s’orienter, afin de rechercher le groupe des maisons, dont se compose le quartier est de la ville.