Page:Verne - Un billet de loterie - suivi de Frritt-Flacc, 1886.djvu/9

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
3
le numéro 9672.

y trouvent tout ce dont ils peuvent avoir besoin pendant leur séjour. Sais-tu bien, Hulda, que nous voici déjà au 15 avril ?

– Au 15 avril ! murmura la jeune fille.

– Donc, demain, reprit dame Hansen, je m’occuperai de tout cela. En deux heures, j’aurai fait nos achats que le messager apportera ici, et je reviendrai avec Joël dans sa kariol.

– Ma mère, au cas où vous rencontreriez le courrier, n’oubliez pas de demander s’il y a quelque lettre pour nous…

– Et surtout pour toi ! C’est bien possible, puisque la dernière lettre de Ole a déjà un mois de date.

– Oui ! un mois !… un grand mois !

– Ne te fais pas de peine, Hulda ! Ce retard n’a rien qui puisse nous étonner. D’ailleurs, si le courrier de Moel n’a rien apporté, ce qui n’est pas venu par Christiania ne peut-il venir par Bergen ?

– Sans doute, ma mère, répondit Hulda ; mais que voulez-vous ? Si j’ai le cœur gros, c’est qu’il y a loin d’ici aux pêcheries du New Found Land ! Toute une mer à traverser, et lorsque la saison est mauvaise encore ! Voilà près d’un an que mon pauvre Ole est parti, et qui pourrait dire quand il viendra nous revoir à Dal ?…

– Et si nous y serons à son retour ! » murmura dame Hansen, mais si bas, que sa fille ne put l’entendre.

Hulda alla fermer la porte de l’auberge, qui s’ouvrait sur le chemin du Vestfjorddal. Elle ne prit même pas le soin de donner un tour de clé à la serrure. En cet hospitalier pays de Norvège, ces précautions ne sont pas nécessaires. Il convient, aussi, que tout voyageur puisse entrer, de jour comme de nuit, dans la maison des gaards et des soeters, sans qu’il soit besoin de lui ouvrir.

Aucune visite de rôdeurs ou de malfaiteurs n’est à craindre, ni dans les bailliages ni dans les hameaux les plus reculés de la province. Aucune tentative criminelle contre les biens ou les personnes n’a jamais troublé la sécurité de ses habitants.

La mère et la fille occupaient deux chambres du premier étage sur le devant