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un capitaine de quinze ans.

Stanley se prépara à partir. Le 27 décembre, après huit jours de navigation, le docteur et lui arrivèrent à Ourimba, puis, le 23 février, ils entraient à Kouihara.

Le 12 mars fut le jour des adieux.

« Vous avez accompli, dit le docteur à son compagnon, ce que peu d’hommes auraient fait, et beaucoup mieux que certains grands voyageurs. Je vous en suis bien reconnaissant. Dieu vous conduise, mon ami, et qu’il vous bénisse !

— Puisse-t-il, dit Stanley, s’emparant de la main de Livingstone, vous ramener sain et sauf parmi nous, cher docteur. »

Stanley s’arracha vivement à cette étreinte, et se détourna pour ne pas montrer ses larmes.

« Adieu, docteur, cher ami, dit-il, d’une voix étouffée.

— Adieu ! » répondit faiblement Livingstone.

Stanley partit, et, le 12 juillet 1872, il débarquait à Marseille.

Livingstone allait reprendre ses recherches. Le 25 août, après cinq mois passés à Kouihara, accompagné de ses domestiques noirs, Souzi, Chouma et Amoda, de deux autres serviteurs, de Jacob Wainwright, et de quarante-six hommes envoyés par Stanley, il se dirigea vers le sud du Tanganyika.

Un mois après, la caravane arrivait à M’oura, au milieu d’orages provoqués par une sécheresse extrême. Puis vinrent les pluies, le mauvais vouloir des indigènes, la perte des bêtes de somme, tombant sous les piqûres de la tsé-tsé. Le 24 janvier 1873, la petite troupe était à Tchitounkoué. Le 27 avril, après avoir contourné à l’est le lac Bangouéolo, elle se dirigeait vers le village de Tchitambo.

Voilà le point où quelques traitants avaient laissé Livingstone. Voilà ce que savaient par eux Alvez et son collègue d’Oujiji. On était très sérieusement fondé à croire que le docteur, après avoir exploré le sud du lac, s’aventurerait à travers le Loanda, et viendrait chercher dans l’ouest des contrées inconnues. De là à remonter vers l’Angola, à visiter ces régions infestées par la traite, à pousser jusqu’à Kazonndé, l’itinéraire semblait tout indiqué, et il était vraisemblable que Livingstone le suivrait. C’est donc sur l’arrivée prochaine du grand voyageur que pouvait compter Mrs. Weldon, puisqu’au commencement de juin, il y avait plus de deux mois qu’il devait avoir atteint le sud du lac Bangouéolo.

Or, le 13 juin, la veille du jour où Negoro devait revenir réclamer à