Page:Verne - Un capitaine de quinze ans, Hetzel, 1878.djvu/53

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S. V.

— Oui, mistress Weldon, et ses deux noms commencent précisément par ces deux lettres que Dingo a choisies entre toutes, et qui sont gravées sur son collier.

— En effet, répondit Mrs. Weldon. Et ce voyageur ?…

— Ce voyageur partit, répondit le capitaine Hull, et l’on n’a plus eu de ses nouvelles depuis son départ.

— Jamais ? dit le novice.

— Jamais, répéta le capitaine Hull.

— Qu’en concluez-vous ? demanda Mrs. Weldon.

— Que Samuel Vernon n’a évidemment pu atteindre la côte orientale de l’Afrique, soit qu’il ait été fait prisonnier par les indigènes, soit que la mort l’ait frappé en route !

— Et alors ce chien ?…

— Ce chien lui aurait appartenu, et plus heureux que son maître, si mon hypothèse est juste, il aurait pu revenir au littoral du Congo, puisque c’est là, à l’époque où ces faits ont dû se passer, qu’il a été recueilli par le capitaine du Waldeck.

— Mais, fit observer Mrs. Weldon, savez-vous si ce voyageur français était accompagné d’un chien à son départ ? N’est-ce pas une simple supposition de votre part ?

— Ce n’est qu’une simple supposition, en effet, mistress Weldon, répondit le capitaine Hull. Mais ce qui est certain, c’est que Dingo connaît ces deux lettres S et V, qui sont précisément les initiales des deux noms du voyageur français. Maintenant, dans quelles circonstances cet animal aurait-il appris à les distinguer, c’est ce que je ne puis expliquer, mais, je le répète, il les connaît très certainement, et tenez, il les pousse de sa patte et semble nous inviter à les lire avec lui. »

En effet, on ne pouvait se méprendre à l’intention de Dingo.

« Samuel Vernon était-il donc seul, lorsqu’il a quitté le littoral du Congo ? demanda Dick Sand.

— Cela, je l’ignore, répondit le capitaine Hull. Cependant, il est probable qu’il avait dû emmener une escorte d’indigènes. »

En ce moment, Negoro, quittant le poste, se montra sur le pont. Personne ne remarqua d’abord sa présence et ne put observer le singulier regard qu’il lança au chien, lorsqu’il aperçut les deux lettres devant lesquelles celui-ci semblait être en arrêt. Mais Dingo, ayant aperçu le maître-coq, se mit à donner les signes de la plus extrême fureur.