Page:Viard - Grandes chroniques de France - Tome 8.djvu/119

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XXXII.
Comment Meschines fu assis du roy Charles[1].

Si comme ces choses estoient en ce point, le roy Charles envoia son filz, prince de Salerne, pour avoir secours et aide contre ses anemis. Avec ce, il assembla tant de gent comme il pot avoir[2] ; si passa le phar de Meschines[3]. Les bourgois et le peuple furent sorpris et esbahiz de sa venue, ne n’estoient pas bien garniz d’armes ne d’autres choses deffensables ; si fu bien dit et raconté au roy et à sa gent qu’il pourroit de legier prendre la ville. Mais le roy ot pitié de destruire si noble cité, qu’il envoia à ceulz dedenz messagiers et leur fist dire qu’il seroit assez debonnaire et leur par-

  1. Guillaume de Nangis, Gesta Philippi regis Franciæ, dans Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 518-521. Cf. Chronique de Primat (Ibid., t. XXIII, p. 101). Chronicon Siciliæ, dans Muratori, op. cit., t. X, col. 833 et 841, cap. xxxix et xli.
  2. G. de Nangis dit qu’en outre il se fit accompagner par le cardinal Gérard de Parme : « et assumpto secum domino Girardo de Parma Romanæ ecclesiæ cardinali. »
  3. Charles d’Anjou, qui, dès le 8 avril 1282, avait pris toutes les mesures pour préparer son expédition contre la Sicile, avait traversé le détroit et campait à quelques lieues de Messine déjà le 25 juillet suivant (L. Cadier, op. cit., p. 56). D’après l’itinéraire du roi Charles Ier dressé par Paul Durrieu (Les archives angevines de Naples ; Étude sur les registres du roi Charles Ier, t. II, p. 188), il aurait été dans le camp au siège de Messine du 28 juillet au 17 septembre. Du 19 septembre au 24, il est encore soit au siège, soit à Reggio, et il reste dans cette dernière ville du 29 septembre jusqu’au 12 janvier 1283. Pour le siège de Messine, cf. de Saint-Priest, op. cit., t. IV, p. 64-104.