Page:Viard - Grandes chroniques de France - Tome 8.djvu/121

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pecier toutes les nefs qui estoient sus le rivage du Far garnies d’armes et d’autres biens pour secourre la terre d’outre mer, qu’il ne venissent par aucune aventure es mains de leurs anemis.

Quant le roy Charles ot laissié le siege de Meschines, le roy d’Arragon, plain d’orgueil et de bouban se fist coronner du royaume de Cezille en despit de lui, et li manda par ses lettres que il issist hors de son royaume, et qu’il ne fust si hardi, sus la vie perdre, que plus y demourast. Les nouvelles en vindrent à l’Apostole ; si se conseilla à ses cardinaulz qu’il pourroit faire du roy d’Arragon qui tant estoit contraire à sainte Eglise ; si l’escommenia et condampna du royaume d’Arragon, et le donna à Charles conte de Valois, filz au roy Phelippe de France, et en fist lettres seellées de touz les seaux des cardinalz de Rome[1].


XXXIII.
Du poisson semblable au lyon[2].

Il avint, ou mois de fevrier l’an de grâce M CC IIIIxx et I que i poisson fu pris en la mer, qui avoit semblance de lyon. Il fu aporté devant l’Apostole à Or-

  1. Les bulles par lesquelles Martin IV dispose de la couronne d’Aragon en faveur du second fils du roi de France, Charles de Valois, sont datées d’Orvieto le 6 des calendes de septembre, l’an III de son pontificat, soit le 27 août 1283 (Raynaldi, Annales ecclesiastici, t. III, p. 555-558 ; Rymer, Fœdera, éd. 1816, t. I, 2e part., p. 632-634. Cf. Gesta comitum Barcinonensium, dans Marca hispanica, p. 565, et J. Petit, Charles de Valois, p. 4-5).
  2. Guillaume de Nangis, Gesta Philippi regis Franciæ, dans Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 520-521.