Page:Viard - Grandes chroniques de France - Tome 8.djvu/397

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la ville vers septentrion, et tu trouveras un homme par lequel tu seras gueri. » Et quant la vision fu departie, Lorens fu tout sain et commença à faire sa besoigne par l’ostel comme il avoit acoustumé. Et quant le maistre dudit Lorent ot oy la vision et veue la santé de son varlet, il alerent touz ii à Saint Denis, l’endemain bien matin, le xii kalende de juign, pour visiter les corps saints selon ce qu’il avoient promis. Et rescript et raconta ledit Benoit, en la presence dudit Lorens sondit varlet, tout ce qui leur estoit avenu. Et selon droit, se nous devons croire audit Benoit qui estoit homme honneste, par meilleur raison à li et à deus autres prestres qui virent ledit Lorent ainsi malade, qui le nous ont tesmoignié en leurs consciences, et nous les devons croire certainement. Et quant ce miracle fu ainsi esprouvé en l’eglise monseigneur saint Denis, on fist sermon devant le peuple et sonna l’en les cloches en l’onneur de Dieu et de monseigneur saint Denis, et fu chanté à haute voiz en l’eglise : Te Deum laudamus[1]

  1. Après Te Deum laudamus, Paulin Paris (Grandes Chroniques, t. V, p. 255) ajoute le paragraphe suivant dont il n’indique pas la source, disant seulement en note : « Cet alinéa manque dans la plupart des manuscrits. »

    « En ce temps avint en la cité d’Arras que deux femmes en estat de béguignage feignoient que il leur estoit venu en appert, par la révélation d’un ange, qu’il allassent au roy de France luy segnifier de par Dieu que toutes les religions de femmes fist annuler, et ilecques, ès lieux desdites religieuses meist frères de telle règle comme la religion estoit. Si vindrent au roy et luy disrent que dit est. Adonc, le roy les entendit moult bénignement, nonobstant qu’il fust très fort malade, et cuidoit que ce feust vray ; si assembla son conseil et fu trouvé que ce n’estoit que une derision, et furent prises et après laissées aler. »