Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Le peuple s’émerveille et crie : « Est-ce bien celle
Qui nous scandalisait jadis ? Quel changement ! »
Jésus, le doigt levé, montre le firmament ;
D’une étrange beauté sa figure étincelle.

C’était l’heure troublante où le pâtre interdit
Entend passer au loin des rumeurs et des plaintes ;
Une lumière d’or baignait les villes saintes ;
C’était l’heure ineffable où la nuit resplendit ?


V


 
Et maintenant, c’est le silence,
Le travail et la pauvreté ;
C’est le désert illimité,
C’est la douce mort qui commence.

Où sont, reine du fol amour,
Les diamants de ton corsage ?
Quelle ombre sur ton beau visage,
Rose comme le point du jour !

Qu’as-tu fait de ton âme étrange
Qui vibrait comme un violon ?
Qu’as-tu fait, belle Madelon,
De tes yeux fous de mauvais ange ?