Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


 

« De ce garçon
Je suis coiffée.
Adieu la fée
Et sa chanson ! »


V


Dans un pré semé de fleurettes jaunes,
Un pré qui scintille au soleil levant,
Je sais quelque part, sous un bouquet d’aulnes,
Une maisonnette à l’abri du vent.

Elle est fort ancienne et toute petite.
Mais quand le matin point à l’horizon,
Comme elle sourit, dans la clématite,
Avec son toit bleu, la chère maison !

C’est là qu’oubliant les métamorphoses
De la lune pâle et du vent moqueur,
L’adorable enfant effeuille des roses,
Son fidèle ami tout près de son cœur !

Elle n’est plus fée, elle est toujours sage,
Et, tendre et jolie, elle garde encor
Un brin d’églantine à son fin corsage,
Un nœud de ruban dans ses tresses d’or.