Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/39

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Les murs en sont d’ivoire. À chaque porte un reître
Veille, l’épée au poing, la pertuisane au flanc.
Une princesse blonde est à chaque fenêtre.

Tout autour, un jardin s’éveille, étincelant,
Comme pris au réseau d’une brume argentée,
Et chaque fleur qui s’ouvre a son papillon blanc.

Une folle clameur vers le ciel est montée.
Par l’escalier de marbre et d’or, sous les jasmins,
Descend nonchalamment une foule enchantée.

C’est Lancelot du Lac et ses cousins germains,
La reine Blanchefleur avec ses demoiselles,
Et tous, en amoureux, s’entre-croisent les mains.

Les belles ont les yeux langoureux des gazelles ;
Les galants sont hardis et frappent des talons ;
Un ramier bleu sur chaque couple bat des ailes.

Voici les tambourins avec les violons.
En avant, cavaliers ! Et la ronde tournoie.
Hourrah ! Les cheveux bruns s’entremêlent aux blonds.

Des mots enamourés, des paroles de joie
S’envolent vers l’azur et le vont embraser.
Autour des roses flotte un nuage de soie.