Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/38

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



« Et vous, beau page ? — « Moi, dit Merlin, je me nomme
Merlot de la Huchette et je suis écolier.
Mon maître est plus puissant que l’empereur de Rome.

« Il a, pour le servir, un lutin familier.
Qu’une femme lui plaise, il la transforme en cygne.
Un jour il a changé le Diable en cordelier. »

— « En vérité ! » — « Mais oui. Moi-même, quoique indigne,
J’ai dans mon sac plus d’un joli tour, grâce à Dieu !
Pour appeler le vent il me suffit d’un signe.

« J’évoque le soleil à minuit. Pauvre jeu !
Chacun sait que l’Aurore est une aventurière.
— « M’est avis, Monseigneur, que vous mentez un peu. »


III


Merlin, ses longs cheveux rejetés en arrière,
Va couper un bâton au buisson d’églantiers
Et trace un rond magique au cœur de la clairière.

Ô merveille ! Le bois, les mousses, les sentiers,
Tout s’efface à l’instant et l’on voit apparaître
Un palais où l’amour nicherait volontiers.