Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/42

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Puis, entre deux baisers : — « Peut-être suis-je folle.
Emmenez-moi. J’ai tort de vous le demander,
Mais j’aurais tant de joie à vous suivre à l’école ! »

Le front baissé, comme un enfant qu’on va gronder,
Elle tombe à genoux. Son amant la relève ;
Sur son cœur à jamais il voudrait la garder.

Hélas ! cette heure d’or n’est pour lui qu’une trêve.
Arthur est encor faible et réclame son bras.
Il ne peut s’attarder dans le jardin du rêve.

— « Ô mon enfant chéri, jamais tu n’aimeras
Comme je t’aime. Adieu. Les anémones blanches
Fleuriront de nouveau quand tu me reverras. »

— « Me quitter !… — « Vois, déjà le soleil sous les branches
Ne jette autour de nous qu’un reflet adouci.
Quand tu me reverras fleuriront les pervenches.

« Ce que tu veux, enfant, je le voudrais aussi.
Ne pleure pas ; mon cœur est tien, comme naguère.
Si tu crois à l’amour, il faut m’attendre ici. »