Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/75

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VI


Quand l’aube jette aux monts sa lumière nacrée
Dont un reste de lune argente la pâleur,
Regardez-vous sortir, comme une tendre fleur,
L’île de pourpre et d’or de la mer azurée ?

Aux divines clartés du ciel oriental,
Avez-vous reconnu la jeunesse du monde ?
Voyez-vous cette femme, adorablement blonde,
Qui se penche au balcon du palais de cristal ?

C’est Isoline, c’est la pâle enchanteresse
Dont les doigts allongés portent le faucon blanc.
À ses pieds est couché le maître étincelant.
Il écoute chanter le cœur de sa maîtresse.

Il regarde, en riant, voler ses cheveux blonds,
Trembler ses jeunes seins qu’emperle la rosée,
Et d’un reflet d’amour tout emparadisée,
L’île heureuse s’éveille au son des violons.

Au bercail est rentré le troupeau des étoiles.
Le soleil qui se lève illumine les eaux.
Comme une lande rose où passe un vol d’oiseaux,
La mer, en un moment, s’est couverte de voiles.