Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/94

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Volent sur les jeux
Du maître joyeux.

« Je veux qu’il repose
Jusqu’au matin bleu
Sur ma couche en feu,
Mes lèvres de rose,
Sans que mon baiser
Puisse s’épuiser…

« Ah ! toujours l’attendre
Au bord de l’étang !
Pourquoi tarder tant,
Ô mon amour tendre ?
As-tu déserté
Le cercle enchanté ?

« L’amandier que l’âge
N’a point trop pâli,
L’amandier joli,
L’amandier sauvage,
Vaudrait refleurir
Avant de mourir ! » —


Elle a fini. Ses pleurs, comme une fraîche ondée,
Inondent lentement sa figure ridée.
À voir son désespoir, qui ne s’attendrirait ?
Les oiseaux bigarrés qui peuplent la forêt
Se sont tous éveillés pour lui rendre courage.
Le torrent dont le bruit est pareil à l’orage