Page:Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein - Mémoires de Madame la marquise de La Rochejaquelein, 1889.djvu/138

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CHAPITRE VIII

DEPUIS LE 2 MAI, JOUR DE LA PRISE DE BRESSUIRE
JUSQU’AU COMBAT DE THOUARS
LE 5 DU MÊME MOIS


Monsieur de Lescure me fit avertir au point du jour, 3 mai, qu’il allait arriver avec Henri et quatre-vingts cavaliers. Ils vinrent en effet aux cris de Vive le Roi ; ils amenaient avec eux le chevalier de Beauvollier[1], jeune homme beau, grand et âgé seulement de dix-huit ans ; il a été depuis l’aide de camp et l’ami de cœur de M. de Lescure. C’était un des meilleurs sujets qu’on pût trouver, il joignait la plus rare bravoure à la plus grande douceur. La manière dont il arriva à l’armée est assez singulière. On l’avait fait partir de force, comme gendarme de réquisition, de Loudun, ville entre Saumur et Poitiers ; quand les Bleus évacuèrent Bressuire, il trouva le moyen d’y retourner, sous prétexte d’avoir oublié quelque chose, et gagna une hauteur sur le chemin d’Argenton ; là, il vit de loin défiler toutes les troupes pour Thouars. Quand

  1. Jean-Baptiste de Beauvollier, baptisé à Beuxes en Loudunois, le 11 janvier 1774, fut pris à Montrelais, prés Varades, condamné et exécuté à Angers le 22 nivôse an II, 11 Janvier 1794.