Page:Vidalenc - William Morris.djvu/178

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de travailler dans le même esprit et l’exposition des Arts décoratifs anglais, qui s’est ouverte à Paris au Pavillon de Marsan en avril 1914, nous a permis d’apprécier l’importance de l’action des artistes dans l’industrie. Nous ne prétendons pas qu’il n’y ait plus dans les magasins que des œuvres irréprochables, mais seulement qu’il est parfois possible d’obtenir de belles choses pour le prix dont on payait les laideurs d’autrefois.

Dans un autre domaine devait aussi s’exercer l’action bienfaisante de Morris. Après l’embellissement du home, on se prit à songer à l’embellissement, si nécessaire, de l’école, pour que l’âme enfantine suivisse là aussi l’influence mystérieuse de la beauté ; pour que par l’école pénétrât plus rapidement dans les logis populaires le goût de la lumière, de la propreté, d’une décoration simple et appropriée. C’est l’honneur d’artistes comme ceux qui publièrent les Fitzroy Pictures d’avoir su faire œuvre pratique, d’avoir résisté à la tentation d’édifier des palais ou de transformer les écoles en musées. Ils se contentent de demander des salles spacieuses, claires et gaies, de la verdure, un décor simple et harmonieux. Leurs gravures, signées Heywood Sumner, Selwyn Image, C.-W. Whall, L. Davis et C.-M. Gère illustrent soit des épisodes de l’Evangile, soit des scènes de la vie courante, elles visent beaucoup plus à suggérer qu’à donner une représentation exacte des choses ; par leur simplicité, par la fraîcheur de leur coloris elles s’avèrent puissamment décoratives.

Mais l’influence de Morris devait s’exercer plus diffici-