Page:Vigée-Lebrun - Souvenirs de Mme Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun, tome 2.djvu/10

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teur. Il est certain que Vandick a pris plaisir à faire ce tableau si remarquable car, non seulement les têtes et les mains mais les draperies, les moindres accessoires, tout est fini et tout est parfait, tant pour le coloris que pour l’exécution. Vandick, au reste, tenait la plus grande place dans ce musée du roi, où je trouvai peu de tableaux des maîtres d’Italie.

Porporati voulut aussi me mener au spectacle. Nous allâmes au grand théâtre, et là, j’aperçus aux premières loges le duc de Bourbon et le duc d’Enghien que je n’avais point vus depuis bien long-temps. Le père alors paraissait encore si jeune qu’on l’aurait cru le frère de son fils.

La musique me fit grand plaisir, et comme je demandais à Porporati si sa ville renfermait beaucoup d’amateurs des arts, il secoua la tête et me dit : « Ils n’en ont aucune idée, et voici ce qui vient de m’arriver ici : un très grand personnage, ayant entendu dire que j’étais graveur, est venu dernièrement chez moi pour me faire graver son cachet. »