Page:Vigée-Lebrun - Souvenirs de Mme Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun, tome 2.djvu/36

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ses élevés : Qu’avez-vous besoin de prendre le trait des figures de Raphaël ? prenez la nature, morbleu ! ce sera la même chose ; allez sur la place del Popolo. »

Je me suis rendue au Colysée en mémoire de vous. Le côté d’où l’on peut le croire entier suffit pour faire estimer parfaitement sa grandeur, et cette ruine est encore une des plus belles choses qu’on puisse voir ; le ton de ses pierres, les effets que la végétation y a semés partout, en font un monument admirable pour la peinture. Je ne puis concevoir comment il a pu vous venir l’idée si hasardeuse de grimper jusqu’au faîte pour l’unique plaisir d’y planter une croix ? La raison se refuse à le croire. Je dois vous dire, au reste, que cette croix est restée, et que votre adresse et votre courage sont devenus historiques, car on en parle encore à Rome.

J’ai été voir Angelica Kaufmann, que j’avais un extrême désir de connaître. Je l’ai trouvée bien intéressante, à part son talent, par son esprit et ses connaissances. C’est une femme qui