Page:Vigée-Lebrun - Souvenirs de Mme Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun, tome 2.djvu/41

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rière ma tête ; ce bruit était si violent, que la gouvernante de ma fille, qui couchait deux chambres plus loin que la mienne, en avait été réveillée. Dès que je suis levée, je fais venir mon hôtesse pour lui demander la cause de cet horrible vacarme, et j’apprends que c’est le bruit d’une pompe attachée à la muraille près de mon lit : les blanchisseuses, ne pouvant blanchir le linge pendant le jour, attendu l’extrême chaleur, ne venaient à cette pompe que la nuit. On imagine si je m’empressai de quitter cette charmante petite maison.

Après avoir beaucoup cherché inutilement pour m’établir à ma fantaisie, on m’indiqua un petit palais dans lequel je pouvais louer un appartement ; n’ayant encore rien trouvé qui pût me convenir, je pris le parti de m’y installer. J’avais là bien plus d’espace qu’il n’en fallait pour me loger commodément mais toutes ces pièces étaient d’une saleté dégoûtante. Enfin après en avoir fait nettoyer quelques-unes, je vais m’y établir. Dès la première nuit je pus juger des agrémens de cette