Page:Viguier - De l’encastelure.djvu/11

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telure. Cela dépend de ce que le sang fournit plus ou moins à la corne les matériaux de sa transpiration, suivant que les aliments dont ce fluide se forme lui apportent une plus ou moins grande proportion d’eau ou de principes solides.

La ferrure est un fait complexe qui prend une très large part dans la production de l’encastelure. Elle agit d’abord par elle-même ; car le fer, s’interposant entre le sabot et le sol, empêche l’usure de la corne, et s’oppose à ce que celle-ci s’imprègne de l’humidité qu’elle pourrait puiser au dehors. Dans la pratique de la ferrure, la source des causes est plus abondante encore.

Le maréchal, ignorant comme il l’est de la structure et des propriétés du pied, ne peut exécuter son ouvrage qu’avec incertitude et d’une manière abusive.

Tout le monde sait que les maréchaux ont la fatale habitude d’enlever avec la râpe une couche très mince d’une corne particulière placée sur la paroi pour s’opposer à l’évaporation trop rapide des fluides intérieurs. La partie ainsi mise à nu, subit une dessiccation au contact de l’air, d’autant plus sensible que la râpe a détruit plus profondément les tissus. L’évaporation se produit également quand on pare trop profondément la sole, ou qu’on prolonge trop longtemps le contact du fer chaud. À plus forte raison cela aura lieu si l’ouvrier pratique à la fois, sur un même pied, ces deux manœuvres maladroites.

À l’état de nature, l’accroissement indiscontinu de la corne étant contrebalancé par les déperditions résultant des frottements, le pied conserve à peu près toujours les mêmes dimensions. L’état des choses change chez nos animaux domestiques, si l’instrument du maréchal n’intervient. Alors la corne, qui, par l’effet de la pousse, a dépassé les limites inférieures des cannelures podophyl-