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au klondyke

— Ce n’est pas à craindre, l’enjeu est trop beau. Pense donc, au lieu d’avoir une part insignifiante, nous partageons la cargaison. Quoiqu’elle soit moins importante que lors du premier voyage, elle représente au moins deux millions !

— Je sais tout cela, mais…

— Quoi encore ?

— Il y aura des camarades qui se fâcheront.

— J’y compte bien, fit le Gascon avec un ricanement diabolique.

— Dans ce cas il faudra en découdre, et je t’avoue que j’éprouve une certaine répugnance à faire couler le sang de nos compagnons.

— Si cela arrive, c’est qu’ils l’auront voulu.

— Tout à l’heure, quand je t’ai parlé de l’intervention des camarades, tu m’as répondu que tu y comptais bien, pourquoi ?

— Parce que les vivres diminuent terriblement et que, moins il y aura de bouches à nourrir, mieux cela vaudra.

— Cela n’est pas inquiétant pour nous, grâce à notre réserve.

— Qui a eu l’idée de cacher des provisions dans la cale ?

— Toi.

— Aie donc confiance en moi et tu ne le regretteras pas.

— Ainsi donc tu es décidé.

— Complètement. Nous supprimons le capitaine et son comte, ce qui nous assure la possession de toute la cargaison, et si nous pouvons sortir d’ici quand viendra le dégel, fût-ce avec un simple radeau, le lieutenant nous guidera, car il est bien entendu qu’il ne lui sera fait aucun mal.