Page:Villetard de Laguérie - La Corée, indépendante, russe, ou japonaise.djvu/182

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La fabrication est évidente et assez maladroite.

Ki-Tza avait pénétré en Corée par le Ta-tong et avait fondé sur ses rives la ville de Pyng-Yang (Phyöng-Yang en coréen) où le tracé presque régulier des rues, en lignes parallèles au fleuve, coupées de perpendiculaires, offre l’épreuve la plus nette du style chinois, fondé sur les calculs de géomancie et les indications de la boussole[1].

La tradition de cette montée au ciel est certainement fort ancienne. Quand le chogoun Yedeyoshi envahit la Corée (1592-1598), les Japonais détruisirent l’autel et comblèrent le puits. Quand les Chinois eurent chassé les Japonais du pays, les habitants s’empressèrent de nettoyer le puits et de rassembler à l’aide de barres de fer les pierres éparses sur le sol.

En 1889, le frère de la reine, Min-Young-Yon, gouverneur de la province de Pyng-Yang, imposa une souscription à ses administrés pour rebâtir le monument, et les taxa à raison de 340 cash ou 20 sen par maison. Il ne rencontra aucune opposition. Mais, le 15 septembre 1894, les soldats du maréchal Yamagata se firent un pieux devoir d’imiter ceux de Yedeyoshi, et le monument de Ki-Tza disparut dans la tempête qui emporta la suzeraineté de la Chine et tout le passé de la Corée.

  1. Ceci fait penser aux cérémonies augurales, à l’établissement du templum découpé dans le ciel par le bâton blanc de l’augure et à la projection sur le sol des directions Cardo et Decumanus.