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J. VILLEY.

s’accompagne d’une augmentation d’énergie potentielle récupérable. L’énergie mécanique totale est donc décroissante.

Ces frottements, qui mettent en défaut, au moins sous leur forme première, le principe de la conservation de l’énergie et le principe de l’inertie, sont en réalité un phénomène si général qu’il a fallu des observations méthodiques prolongées, avec approximations successives, pour discriminer leur rôle perturbateur et arriver à démêler les lois fondamentales qu’expriment ces principes.

Par suite des frottements, il disparaît de l’énergie cinétique, ou, ce qui revient au même, le travail des forces actives crée moins d’énergie cinétique qu’il ne disparaît d’énergie potentielle. Dans les deux cas, il y a dissipation d’énergie mécanique. Par contre, on constate en même temps que les corps en frottement mutuel s’échauffent. On est alors amené à voir dans cet échauffement, corrélatif de la dissipation d’énergie mécanique, le résultat, et même l’équivalent, de la dissipation d’énergie observée.

Cette correspondance apparaît, en fait, dans la théorie cinétique de la chaleur, comme une simple transformation de l’énergie cinétique, qui change, non pas même de nature, mais seulement d’échelle, et se répartit au hasard entre les molécules, en état d’agitation thermique, dont la matière est constituée.


8. La théorie moléculaire de la matière. — L’étude des propriétés tant chimiques que physiques de la matière, et de ses changements d’états, a conduit en effet à la considérer comme constituée d’éléments très petits, analogues en première approximation à des points matériels, et doués d’une agitation d’autant plus grande que la température est plus élevée.

Les divers états physiques d’un corps correspondent alors à des liaisons différentes entre les molécules dont il est ainsi constitué.

L’état gazeux correspond à des molécules indépendantes les unes des autres sauf au moment où elles se heurtent mutuellement. Elles constituent un essaim de points matériels libres (sauf à l’instant des chocs), dont les énergies cinétiques individuelles varient, au hasard des rencontres, de part et d’autre de l’énergie cinétique moyenne calculée, pour un nombre suffisamment grand de molécules considérées en bloc, comme la somme de leurs énergies cinétiques individuelles divisée par ce nombre