Page:Villiers de L’Isle-Adam - Axël, 1890.djvu/76

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Gotthold, à Miklaus

Tu sais que le commandeur va nous quitter ? — Otto, son domestique, s’est mis en route ce matin même avec le ballot de voyage de son maître… et, d’ici aux frontières de la Prusse, il y a loin !


Miklaus

Quoi ! ce brillant seigneur s’en retourne sans même avoir vu le docteur Janus ?


Gotthold

Oui. Cette nuit. C’est le festin d’adieu. — Place-moi ces jolies touffes de romarin, cette brassée de verveine, de roses des bois et de menthe entre les candélabres : les fleurs, cela donne un air de fête. Puis cette corbeille de fruits ; ce sont les meilleurs : ils ont été piqués par les oiseaux. Notre visiteur s’y connaît.


Hartwig, presque à lui-même

Étrange visiteur qui ne veut rien voir !


Gotthold, d’un air soupçonneux

Hum !… et qui voit tout.