Page:Villiers de L’Isle-Adam - Isis, 1862.djvu/121

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Les plus attrayantes distractions lui parurent d’assez peu de valeur, ses travaux ayant suffi pour la blaser d’avance des plaisirs, des triomphes et des amours. Le plus sombre dédain commença d’emplir son cœur ; malgré son indifférence, elle pensa que, étant belle, il pouvait lui arriver d’être aimée ; et comme elle ne tenait pas plus à ressentir les bonheurs de l’amour partagé qu’à causer les tristesses de l’amour solitaire, elle se trouva une exception humaine.

Alors, elle se décida pour un éloignement, elle s’isola, sans se retirer tout à fait, sans cesser de faire le plus de bien possible autour d’elle avec la plus large part de son immense fortune, et n’accepta du dehors que le respect de son nom.

Dans le recueillement de sa retraite, elle rêva magnifiquement sur elle-même et sur le monde et s’abandonna tout entière aux sublimes attirances de la Pensée.

Jeter un coup d’œil désillusionné et rapide au fond de son effrayante science, la résumer au point de vue de la nature et de l’histoire, arriver à lier, par séries de rapports, les perspectives et les fins