Page:Villiers de L’Isle-Adam - Le Nouveau-Monde, 1880.djvu/93

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LE NOUVEAU-MONDE 75 bon de m’éloigner très-vite une fois ce pli remis en mains, n’est-ce pas ? Mistress Andrews, préoccupée En effet, tu feras sagement. (Brusque.) A propos, ne viens plus chez moi : nous ne devons plus sembler nous connaître. — Va ! va ! MOSCONE, soupesant la bourse Un poids de plus sur la conscience. Ah!’ cette femme ! J’ai pris l’habitude d’obéir , voilà tout. Ah ! l’habitude ! l’habitude !... (Il sort.) SCENE IV MISTRESS ANDREWS, seule, à part, avec un amer sourire Ainsi, pour avoir différé, à Swinmore, un meurtre inévitable, me voici forcée d’ourdir toute une menée téné- breuse de trahisons et de crimes. C’est juste. J’avais pré- féré des moyens adroits et pacifiques : ils ne réussissent qu’aux faibles. C’est encore un bonheur qu’elle m’ait échappé, — puisque, maintenant, je peux glacer leur joie avant de lui glacer le cœur. (Silence.) O contrées de salut ! toutes fleuries de lumière ! S’il m’aimait, cependant !..- SCENE V MISTRESS ANDREWS, MAUD EADIE, EFFIE O’KEENE (Ce sont deux jeunes filles quakeresses.) Elles viennent, à droite, leurs bibles sous le bras ; — robe noire, chapeau évasé, air glacial, débit froid et monotone.) Maud, comme récitant Voici, précisément, mistress Andrews : elle pourra nous renseigner.