Page:Vincent - George Sand et l amour.djvu/25

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Tout est froid en Lélia : sa main, sa bouche, son sourire, son haleine, ses mouvements, ses paroles. Elle est morte et froide comme une statue. « Le marbre… monte jusqu’à ses genoux et la retient enchaînée comme le sépulcre retient les morts. » [1].

Lélia apparaît à Sténio comme une énigme : « Dis-moi si tu as la puissance d’aimer, si ton âme est de feu ou de glace ; si en me donnant à toi, comme j’ai fait, j’ai traité de ma perte ou de mon salut. » [2]. — « Vous souffrez, répond Lélia…, mais quelle noble et précieuse souffrance que celle d’aimer ! De combien de poésie n’est-elle pas la source ! Qu’elle est chaleureuse, qu’elle est productive la souffrance qu’on peut dire et dont on peut être plaint. » [3].

Un mystère plane sur Lélia dès le début. Elle est dévorée par un mal qu’elle ne peut

  1. Lélia, I, 149.
  2. Id., I., 19.
  3. Id., I., 26.