Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 8.djvu/284

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de l’église placé au niveau C. Les colonnades de la rotonde, vues à travers les arcades de l’abside, devaient produire un effet peu ordinaire, et, malgré la grossièreté de l’exécution, cet ensemble est une des belles conceptions du moyen âge.

Coupe.Saint.Sepulcre.2.png


Pour rendre intelligible cet effet du premier étage de la rotonde, vu à travers la colonnade formant l’abside, nous traçons, figure 4, le plan de ce premier étage. Comme dans l’étage inférieur, les deux absidioles C, C, étaient les noyaux conservés des constructions de l’église primitive, datant du VIe siècle, et dont l’abside principale se développait en DD[1]. L’abbé Guillaume avait donc démoli ce rond-point de l’axe, cette tribune de la basilique du VIe siècle, pour y substituer la rotonde, en raison de l’affluence des pèlerins. Le martyrium, le lieu où reposait le corps de saint Bénigne, n’avait pas pour cela changé de place ; il était au-dessous du point G, et alors au centre de l’abside nouvelle, tandis que dans l’église du VIe siècle il se trouvait disposé dans une confession en avant de l’autel. On remarquera, en E, deux autres absi-

  1. Dans la crypte conservée aujourd’hui, on reconnaît en effet que les maçonneries de ces absidioles dépendent d’une structure plus ancienne, bien que des colonnes aient été ajoutées là comme dans le reste de la rotonde, par l’abbé Guillaume, au XIe siècle.