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Géorgiques. Livre I.


Vidi equidem multos
medicare semina
serentes,
et perfundere prius
nitro et amurca nigra,
ut fetus esset grandior
siliquis fallacibus,
et maderent
properata,
quamvis exiguo igni.
Vidi lecta diu,
et spectata
multo labore,
degenerare tamen,
ni vis humana
legeret manu quotannis
quoeque maxima.
Sic fatis omnia
ruere in pejus,
et sublapsa
referri retro.
Non aliter quam qui
subigit vix lembum
remigiis
flumine adverso,
si forte remisit brachia,
atque alveus
rapit illum in præceps
amni prono.

Præterea
sidera Arcturi,
diesque Hædorum,
et Anguis lucidus,
sunt tam servandi nobis,
quam quibus,
vectis in patriam
per æquora
ventosa,
Pontus et fauces Abydi
ostriferi
tentantur.

Ubi Libra fecerit pares
horas die
somnique,
et dividit jam
orbem medium
luci atque umbris,


J’en ai vu assurément beaucoup
préparer les semences
en semant,
et les arroser auparavant
de nitre et de marc-d’huile noir,
afin que le fruit (le grain) fût plus gros
dans des cosses trompeuses,
et qu’elles s’amollissent (cuisissent)
hâtées (plus vite),
quoiqu’avec un petit feu.
J’en ai vu choisies depuis longtemps,
et éprouvées
avec beaucoup-de travail (de peine),
dégénérer cependant,
si la force humaine (l’homme)
ne choisissait de sa main chaque-année
chacunes (toutes) les plus grandes.
Ainsi par les destins toutes choses
ont coutume de tomber en pis,
et reculant-peu-à-peu (se dégradant)
d’être reportées en-arrière.
Non autrement que celui-qui
fait-avancer avec-peine sa barque
par les rames
le fleuve étant contraire (contre le courant),
si par-hasard il a relâché ses bras ,
et que le lit du fleuve
entraîne lui en pente (à la dérive)
par son courant qui-descend (rapide).

En-outre
les astres de l’Ourse,
et les jours des Chevreaux,
et le Dragon éclatant,
sont autant à-observer à nous,
qu’à ceux par lesquels,
étant portés vers leur patrie
à-travers les plaines liquides
exposées-aux-vents,
le Pont et le détroit d’Abydos
qui-produit-des-huîtres
sont essayés (affrontés).

Dès que la Balance aura fait égales
les heures du jour
et du sommeil (de la nuit),
et qu’elle partage déjà
l’orbe (le ciel) par-moitié
pour (entre) la lumière et les ténèbres