Page:Vivien - Une femme m’apparut, 1904.djvu/52

La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.
48
UNE FEMME M’APPARUT…

D’une main convulsive, il essuya la sueur glaciale qui baignait son front.

« J’ai voulu m’en aller autrefois. Il y a très longtemps de cela… Ils m’ont suivi… En me retournant, je les voyais, dans l’herbe ou sous les roches… Ils se suspendaient aux branches des arbres… Ils nageaient au fil des ruisseaux… Je les voyais au fond de l’eau courante, ainsi que des anguilles… Ils me fascinaient de leurs yeux maléfiques… En vérité, je suis convaincu que le Diable est un serpent. Et c’est pour cela peut-être que les serpents sont maudits et sacrés… Il ne faut jamais tuer un serpent, voyez-vous… Ceux que vous avez tués autrefois revivent comme les autres. »

Les ténèbres déferlaient au dehors. Un rayon de lune se multiplia sur les écailles d’argent.

« Oh ils seront méchants cette nuit… Ils aiment la lune, parce qu’elle est cruelle comme eux… Ils aiment la lune insidieuse… Ils sont heureux, et cela les rend terribles… Oh ! ils seront très méchants, cette nuit ! »

« Fut-ce le vent qui susurrait parmi les lia-