Page:Vladimir Soloviev - La Russie et l Eglise Universelle, Stock, 1922.djvu/26

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


1°) quand une nation attente à l’existence ou à la liberté d’une autre nation ; 2°) quand une classe de la société en opprime une autre ; 3°) quand un individu se révolte ouvertement contre l’ordre social en commettant un crime.

Tant qu’il y avait dans l’humanité historique plusieurs États particuliers absolument indépendants l’un de l’autre, la tâche immédiate de chacun d’eux dans le domaine de la politique extérieure se bornait à défendre cette indépendance. Mais l’idée ou plutôt l’instinct de la solidarité internationale existait toujours dans l’humanité historique, se traduisant tantôt par la tendance à la monarchie universelle — tendance qui a abouti à l’idée et au fait de la paix romaine (pax romana) — tantôt (chez les Juifs) par le principe religieux affirmant l’unité de nature et l’origine commune de tout le genre humain — de tous les bené-Adam, — idée complétée ensuite par la religion chrétienne qui à cette unité naturelle superposa la communion spirituelle de tous les hommes régénérés et devenus fils du second Adam, le Christ — bené-Mashiah.

Cette nouvelle idée fut — très incomplètement il est vrai — réalisée dans la Chrétienté du moyen âge, qui, malgré son état turbulent, regardait généralement toute guerre entre nations chrétiennes comme une guerre in-