Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome14.djvu/158

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Sirmond (Jacques), jésuite, né vers l’an 1559. L’un des plus savants et des plus aimables hommes de son temps. On sait à peine qu’il fut confesseur de Louis XIII, parce qu’il fit à peine parler de lui dans ce poste délicat. Il fut préféré par le pape à tous les savants d’Italie pour faire la Préface de la collection des conciles. Ses nombreux ouvrages furent très-estimés, et sont très-peu lus. Mort en 1651.

Sirmond (Jean), neveu du précédent. Historiographe de France, avec le brevet de conseiller d’État, qui était d’ordinaire attaché à la charge d’historiographe. L’un de ses principaux ouvrages est la Vie du cardinal d’Amboise, qu’il ne composa que pour mettre ce ministre au-dessous du cardinal de Richelieu, son protecteur. Il fut un des premiers académiciens. Mort en 1649.

Sorbière (Samuel), né en Dauphiné en 1615. L’un de ceux qui ont porté le titre d’historiographe de France. Ami du pape Clément IX, avant son exaltation ; ne recevant que de faibles marques de la générosité de ce pontife, il lui écrivit : « Saint père, vous envoyez des manchettes à celui qui n’a point de chemise. » Il effleura beaucoup de genres de science. Mort en 1670.

Suze (Henriette de Coligny[1], comtesse de La), célèbre dans son temps par son esprit et par ses élégies. C’est elle qui se fit catholique parce que son mari était huguenot, et qui s’en sépara, afin, disait la reine Christine, de ne voir son mari dans ce monde-ci ni dans l’autre. Née à Paris en 1618. Morte dans la même ville en 1673.

Tallemant (François), né à la Rochelle en 1620 ; second traducteur[2] de Plutarque. Mort en 1693.

Tallemant (Paul), né à Paris en 1642. Quoiqu’il fût petit-fils du riche Montauron[3], et fils d’un maître des requêtes qui avait eu deux cent mille livres de rente de notre monnaie d’aujourd’hui, il se trouva presque sans fortune. Colbert lui fit du bien comme aux autres gens de lettres. Il a eu la principale part à l’Histoire du roi par médailles. Mort en 1712.

Talon (Omer), avocat général du parlement de Paris, a laissé des Mémoires utiles, dignes d’un bon magistrat et d’un bon citoyen ; mais son éloquence n’est pas encore celle du bon temps. Mort en 1652.

  1. Fille du maréchal de Coligny, tué à la Marfée en 1646, et par conséquent arrière-petite-fille de l’amiral.
  2. Boileau (vers 90 de son épître VII) avait appelé Tallemant

    . . . le sec traducteur du français d’Amyot.

  3. Voyez les Commentaires sur Corneille, remarques sur Cinna.