Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome17.djvu/242

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Il s’appelle Ko ; il signe Ko, jésuite.

Il y avait, en 1772, quatorze jésuites français à Pékin, parmi lesquels était le frère Ko, qui demeure encore dans leur maison.

L’empereur Kien-Long a conservé auprès de lui ces moines d’Europe en qualité de peintres, de graveurs, d’horlogers, de mécaniciens, avec défense expresse de disputer jamais sur la religion, et de causer le moindre trouble dans l’empire.

Le jésuite Ko a envoyé de Pékin à Paris des manuscrits de sa composition, intitulés Mémoires concernant l’histoire, les sciences, les arts, les mœurs et les usages des Chinois, par les missionnaires de Pékin.

Ce livre est imprimé, et se débite actuellement à Paris chez le libraire Nyon.

L’auteur se déchaîne contre tous les philosophes de l’Europe, à la page 271. Il donne le nom d’illustre martyr de Jésus-Christ à un prince du sang tartare que les jésuites avaient séduit, et que le feu empereur Yongtching avait exilé.

Ce Ko se vante de faire beaucoup de néophytes ; c’est un esprit ardent, capable de troubler plus la Chine que les jésuites n’ont autrefois troublé le Japon.

On prétend qu’un seigneur russe, indigné de cette insolence jésuitique, qui s’étend au bout du monde même après l’extinction de cette société, veut faire parvenir à Pékin, au président du tribunal des rites, un extrait en chinois de ce mémoire, qui puisse faire connaître le nommé Ko et les autres jésuites qui travaillent avec lui.


ANATOMIE [1].


L’anatomie ancienne est à la moderne ce qu’étaient les cartes géographiques grossières du XVIe siècle, qui ne représentaient que les lieux principaux, et encore infidèlement tracés, en comparaison des cartes topographiques de nos jours, où l’on trouve jusqu’au moindre buisson mis à sa place.

Depuis Vésal jusqu’à Bertin [2] on a fait de nouvelles découvertes dans le corps humain ; on peut se flatter d’avoir pénétré jusqu’à

  1. Questions sur l’Encyclopédie, première partie, 1770. (B.)
  2. Exupère-Joseph Bertin, membre de l’Académie des sciences, né à Tremblay en Bretagne le 21 novembre 1712, mort le 21 février 1781. Voyez son éloge par Condorcet.