Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome26.djvu/137

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LITTÉRAIRES. 427

On y discute trois questions tout à fait intéressantes : la pre- mière, quando vas innaturale usurpatur; la seconde, quando semi- natio non est simuUanea; la troisième, quando scminatio est extra vas^. Ma pudeur et mon grand respect pour les dames m'em- pêchent de traduire en français cette dispute théologique. J'ai prétendu me borner à faire Toir combien les théologiens sont quelquefois honnêtes.

HUITIÈME HONNÊTETÉ.

Un homme d'un génie vaste, d'une érudition immense, d'un travail infatigable, et dont le nom perce dans l'Europe du sein de la retraite la plus profonde ^ entreprend le plus grand et le plus difficile ouvrage dont la littérature ait jamais été honorée ; le meilleur géomètre de la France se joint à lui. Ce géomètre ', qui unit à la délicatesse de Fontenelle la force que Fontenelle n'a pas , donne un plan de cette célèbre entreprise , et ce plan vaut lui seul une Encyclopédie. Un homme d'un nom illustre, qui s'est consacré aux lettres toute sa vie, physicien exact , métaphy- sicien profond, très-versé dans l'histoire et dans les autres genres*, fait lui seul près du quart de cet ouvrage utile ; des hommes savants, des hommes de génie, s'y dévouent; d'anciens militaires, d'anciens magistrats, d'habiles médecins, des artistes même, y travaillent avec succès, et tous dans la vue de laisser à l'Europe le dépôt des sciences et des arts, sans aucun intérêt, sans vain amour-propre. Ce n'est que malgré eux que le libraire a publié leurs noms. M. de Voltaire surtout avait prié que son nom ne parût point. Quelle a été la reconnaissance de certains hommes, soi-disant gens de lettres, pour une entreprise si avantageuse à eux-mêmes? Celle de la décrier, de diffamer les auteurs, de les poursuivre, de les accuser d'irréligion et de lèse-majesté ^

NEUVIÈME HONNÊTETÉ.

Maître Abraham^ Chaumeix (je ne sais qui c'est), ayant demandé à travailler à ce grand ouvrage, et ayant été éconduit,

1. Ce que Voltaire donne ici comme troisième question fait partie de la seconde. Mais une troisième question est en effet traitée en même temps par Sanchez ; c'est celle-ci : Quando { scminatio) est extra (vas naturale) ratione impoten. tiœ. (B.)

2. Diderot. 5. Voj^ez tome XXIV, pages 409 et su iv.

3. D'Alembert. G. Voyez tome XVII, page 5; et tome

4. Jaucourt. XX, page 321.

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