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LITTÉRAIRES. 429

Tolant dans la poche. Ce n'est pas ainsi que Molière a peint Tris- sotin et Vadius, On me dira que des galériens du temps du roi Charles VII, condamnés pour crime de faux, ayant obtenu leur grâce de leur bon roi, lui volèrent tout son bagage, comme il est rapporté dans l'abbé TrithêmeS page 329-; mais on m'avouera que ceux qui font aujourd'hui honneur à la littérature française ne sont point des coupeurs de bourses, et que d'ailleurs ce trait n'est pas assez plaisant.

DOUZIÈME HO-\NÊTETÉ.

Des folliculaires à la petite semaine ont imprimé que M. d'A- lembert est un Rabzacès, un Philistin, un Amorrhéen, une bête puante : je ne sais pas précisément pourquoi ; mais Rabzacès signifie grand échanson en syriaque. Or .AI. d'Alembert n'est pas un grand échanson, c'est même l'homme du monde qui verse le moins à boire. Il ne peut être à la fois Rabzacès, Syrien, Philis- tin ou Amorrhéen; il n'est ni bête ni puant; je sais seulement qu'il est un des plus grands géomètres, un des plus beaux es- prits et une des plus belles âmes de l'Europe : ce qu'on n'a jamais dit de Rabzacès.

1. Tout est parti. La horde griffonnante Sous le drapeau du gazetier de Nante, D'une main prompte et d'un zèle empressé. Pendant la nuit avait débarrassé

Notre bon roi de son leste équipage. Ils prétendaient que pour de vrais guerriers, Selon Platon, le luxe est peu d'usage. Puis s'esquivant par de petits sentiers. Au cabaret la proie ils partagèrent. Là par écrit doctement ils couchèrent Un beau traité, bien moral, bien chrétien, Sur le mépris des plaisirs et du bien. On y prouva que les hommes sont frères, Nés tous égaux, devant tous partager Les dons de Dieu, les humaines misères, Vivre en commun pour se mieux soulager. Ce livre saint, mis depuis en lumièje. Fut enrichi d'un pieux commentaire Pour diriger el l'esprit et le cœur. Avec préface et l'avis au lecteur.

(iS'ole de Voltaire.^

2. Cette indication de pa^e est une plaisanterie de Voltaire, qui (dans sa Pucelle, chant XX, vers 30), dit:

Ce n'est pas moi, c'est le sage Trithême, Ce digne abbé, qui vous parie lui-même.

Le passage rapporté par Voltaire lui-même, dans la note précédente, fait au- jourd'hui partie du dix-huitième chant, vers 272 et suivants. Il n'était pas dans l'édition de 17G2 de la Pucelle: mais il avait été publié, en ITCi, dans le volume intitulé Contes de Guillaume Vadé. (B.)

2G. — Mélanges. V. 9

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